
Références de l'ouvrage:
Dietschy P., Gastaut Y., Mourlane S., Histoire politique des Coupes du Monde de football, Paris, Edition
Vuibert, 2006
Thèmes traités:
Cet ouvrage essaye de nous faire comprendre la relation qu’il peut y avoir entre l’organisation des Coupes du Monde de Football, faite par la FIFA, et le pouvoir politique. Le terrain du football
a été une tribune pour certains pouvoirs politiques afin de faire passer leurs idées ou pour « détendre » des tensions entre pays.
Définitions et notions clefs:
FIFA : La Fédération Internationale de Football Association est une association de fédérations nationales fondée en 1904 ayant pour vocation de gérer et de développer le fooball dans le monde. Son siège est
situé depuis 1932 à Zurich, en Suisse, et son président actuel est Sepp Blatter. La FIFA est une association à but non lucratif qui désigne les pays hôtes pour la Coupe du Monde.
Politique: Art de gouverner, c’est la manière d’exercer cet art qui est propre aux sociétés
organisées. C’est ce qui se rapproche à l’Etat, à l’organisation du pouvoir, à la conduite des affaires publiques.
Patriotisme: C’est l’attachement, le dévouement à sa patrie, celui-ci peut aller jusqu’au
nationalisme c'est-à-dire une exaltation du sentiment national ; la doctrine qui en découle est souvent empreinte de racisme, de xénophobie, et d’une volonté
d’isolement politique et économique.
Idéologie : Ensemble d’idées constituant une doctrine philosophique ou
politique.
Cet ouvrage essaye de nous faire comprendre la relation qu’il peut y avoir entre l’organisation des Coupes du Monde de Football, faite par la FIFA, et le pouvoir
politique. Le terrain du football a été une tribune pour certains pouvoirs politiques afin de faire passer leurs idées ou pour « détendre » des tensions entre pays.
Notes de Lectures:
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Editions de la Coupe du Monde qui ont marqué le pays hôte :
L’Uruguay en 1930 : première coupe du monde, son attribution par la FIFA
est déjà liée à des enjeux politiques. Les très bons résultats obtenus par cette équipe lors des olympiades, l’énorme développement du football dans ce pays mais aussi dans l’ensemble de
l’Amérique du Sud, la célébration du centenaire de l’Indépendance de l’Uruguay, sont autant de facteurs déterminants dans le vote de la FIFA. Cette coupe du monde fut marquée par le désistement
de nombreux pays européens pour des causes qui vont de la longueur du trajet mais aussi aux tensions sociales et économiques qui règnent dans certains pays.
La France en 1938 : Malgré le « bruit des bottes », la Coupe du Monde se
déroule en France. La compétition sert encore de vitrine au fascisme : preuve en est l'autorisation donnée à l'équipe nationale allemande de participer à l'épreuve alors qu'elle comprend en son
sein des joueurs autrichiens. Jules Rimet voit, avec bonheur les foules françaises, le succès populaire et financier du tournoi. Les Italiens quant à eux sont venus gagner leur deuxième coupe du
monde « en terre hostile ». Les mots de Mussolini ne laissent d'ailleurs planer aucun doute : « vaincre ou mourir », écrit-il aux joueurs avant la finale face aux
Hongrois.
La France en 1998 : C’est la Coupe du Monde de l’intégration nationale. Le sentiment national a atteint son paroxysme lors de la victoire de la France en finale. La ferveur populaire n’a
d’égale que celle exprimée lors de la Libération en 1944. Le sentiment patriotique est exacerbé. Ce fut une aubaine pour la droite au pouvoir ; en effet, il en résulte une relance de la
consommation et l’image du président de la République en fut renforcée.
Corée-Japon en 2002 : La décision faite par la FIFA de donner la co-organisation de la
Coupe du Monde à ces deux pays semblait être un défi. L’organisation de ce tournoi a eu pour principal effet de raviver les rancœurs passées. Et depuis la fin de la coupe de monde, la politique
d’échange culturel engagée pendant celle-ci est au point mort car les deux pays restent sur leurs positions.
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Les Hommes d’Etats qui ont utilisé la Coupe du Monde à des fins idéologiques :
Mussolini lors de l’édition de 1934 qui se déroule en Italie. C’est le premier dictateur qui
se sert d’un évènement sportif pour répandre son idéologie, le fascisme. Il se déclare être le « premier sportif d’Italie ». Avant le Coupe du Monde il ne pensait pas que le football
pouvait être un moyen de propagande, il préférait le rugby car plus physique. Par la victoire de l’Italie, Mussolini veut montrer au monde que le fascisme est légitime.
Le général Videla lors de l’édition de 1978 en Argentine. Il a utilisé la passion du peuple
argentin pour le football pour garder le pouvoir. La victoire de l’Argentine a permis à la junte militaire d’avoir une certaine légitimité. Cette coupe du monde fut marquée par les nombreux
appels au boycott : par certains joueurs (Rocheteau par exemple) mais aussi par des collectifs mais ils n’ont jamais eu de poids, faute de soutien officiel, ni des fédérations ni des
gouvernements ni de la FIFA.
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Les joueurs, porteurs d’une image :
Ferenc Puskas, fut le symbole du régime communiste hongrois il était un
ambassadeur du régime de Rákosi.
Lev Yacine, fut au service de la propagande soviétique, il a contribué à valoriser l’image
de l’URSS au-delà de la logique des blocs.
Pelé, icône de son pays et du monde du football. Sa couleur de peau fut une
aubaine pour montrer au monde que le Brésil était un pays uni où il n’existait pas de ségrégation, mais faire du Brésil un pays de tolérance c’est un mythe. Pelé, malgré sa position, n’a jamais
fait de la cause noire un combat, il a toujours préféré la religion et le monde des affaires.
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Les matchs qui ont marqué l’histoire de la Coupe du Monde :
RFA contre RDA en 1974. Ce devait être bien plus qu’un match, il devait rapprocher les deux
peuples. La victoire de la RDA fut ressentie comme un immense triomphe en Allemagne de l’Est tandis qu’à l’ouest cette défaite fut un choc que seul la victoire finale put atténuer.
Le match Algérie-Allemagne en 1982. l’Algérie est l’équipe héritière du « onze de
l’indépendance ». Equipe composée de joueurs amateurs évoluant en Algérie mais aussi de joueurs immigrés évoluant en France. Opposée à la RFA, une des meilleures équipes du monde, elle gagne
le match contre toute attente, représentant haut et fort leur appartenance nationale et le respect de leurs origines familiales.
Etats-Unis contre l’Iran en 1998. Les deux présidents, Mohamed Khatami et Bill
Clinton, ont fait de ce match une cause du dégel des relations américano-iraniennes, au point mort depuis la prise d’otages de 1979. Ce tournoi fut une victoire pour l’Iran tant au niveau
sportif, politique et médiatique. L’impact du match est quand même à nuancer car il n’a pas influé de manière durable les relations entre les 2 pays, mais cela a permis un dialogue jusque là
impossible.
Ce qu'il faut retenir:
Même si la FIFA se veut apolitique, elle se révèle être une organisation qui a un rôle d’acteur des relations internationales. En effet elle
veut le rapprochement des peuples par le ballon rond. La FIFA cherche, sans l’avouer, à jouer un rôle aussi important que l’ONU. On se rend compte qu’une Coupe du Monde de Football, ce n’est pas
que l’organisation d’un évènement sportif, c’est aussi un moyen d’échange, de dialogue et de tension entre les pays. Les Coupes du Monde ont été une tribune, politique et médiatique, très
importante pour les pays hôtes mais aussi pour les pays qualifiés que ce soit à des fins de pouvoir (Videla, Mussolini) mais aussi à des fins de rapprochement entre les peuples (photo des joueurs
américains et iraniens). Finalement quasiment aucune Coupe du Monde n’a échappé à l’emprise des politiques, surtout lors des premières éditions et jusqu’à la fin des années 80 qui marque la fin
de la guerre froide. Maintenant on peut penser que ce sera les enjeux économiques qui dicteront les désignations des pays hôtes.
Mon avis:
Je recommande cet ouvrage que j'ai bien aimé. Certains points auraient pu etre beaucoup plus développé comme le rôle de la Fifa qui n'est pas assez soulevé! Je recommande fortement, pour tout le
monde.