Samedi 26 juillet 2008
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Voici les différents personnages qui critiquent Siné:
Bernard-Henri Lévy, insupportable créature médiatique, prétendu philosophe (et prétendument de gauche), qui a dégainé sa plume pour voler au secours de Val et
accuser à son tour Siné de propos antisémites, voici Laurent Joffrin, qui rajoute sa dose de fiel. Logique : Joffrin inflige à Libération la même démolition que Val à Charlie. Val, Lévy,
Joffrin : rien que ces trois noms accolés suggèrent l’imposture et les procès en sorcellerie. Ajoutons Claude Askolovitch, le journaliste du Nouvel Observateur qui a, le premier, accusé Siné de
propos antisémites. Pour vous situer le personnage, il s’est fendu dernièrement de deux livres d’entretiens, avec respectivement Éric Besson et Rachida Dati ! Pas mal, non, pour quelqu’un qui
se prétend (lui aussi) de gauche ?
Voici le texte dit antisémite:
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle
pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant
d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » Siné
illustration de Plantu
Stéphane Mazurier, agrégé d’histoire, auteur d’une thèse sur le Charlie Hebdo des années 1970 à paraître chez Buchet-Chastel en 2009, a écrit un jubilatoire article
dans Télérama sous le titre de L’honneur perdu de “Charlie Hebdo”. Extraits : "cet acte (le renvoi de Siné) constitue une des ultimes étapes visant à transformer un journal libertaire et
insolent en un bréviaire moraliste et politiquement correct. (...) Philippe Val a procédé à ce que l’on pourrait appeler une captation d’héritage. Val est devenu l’essence même de Charlie Hebdo.
(...) Deuxième orientation : passer de la confrérie des égaux à une monarchie absolue. Dans les années 1970, même si Cavanna en était nominativement le rédacteur en chef, c’est « toute la bande »
qui exerçait en fait cette fonction, puisque chacun, dessinateur ou rédacteur, était responsable de sa page. Aujourd’hui, il y a bien un chef, c’est Philippe Val et personne d’autre. Et alors ?
Quoi de plus normal qu’un journal ait un chef ? Le problème est précisément que Charlie Hebdo ne devrait pas être un journal comme les autres, qu’il a été fondé il y a près de 40 ans pour
proposer autre chose que la presse traditionnelle. (...) Troisième orientation : passer du « bête et méchant » au pseudo-intellectuel. (...) Dans les années 70, Charlie Hebdo insistait sur les
dangers d’une construction européenne fondée uniquement sur le libre-échange et la technocratie. En 2005, Val a plaidé vainement pour le « oui » au
référendum sur la construction européenne. Par ailleurs, après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2007, Val n’a pas consacré son billet à la nécessaire mobilisation de
l’électorat de gauche pour battre Sarkozy. Pas du tout : il s’est réjoui de ce que les anciens partisans du « non » au référendum aient réalisé de faibles scores. Et, fidèle à ses raccourcis
abjects dont il a le secret – ainsi comparer un article de Télérama, signé Weronica Zarachowicz, aux Protocole des Sages des Sion – il établit l’équation Bové = Le Pen. (...) En virant Siné, Val
élimine un des derniers bastions de résistance interne au journal. Charlie Hebdo est mort. Pourquoi conserver ce titre ? Il y a tromperie sur la marchandise, sinon publicité mensongère. En tant
qu’historien du Charlie Hebdo des années 1970, je demande donc solennellement à M. Val de changer le nom de son journal. Plusieurs possibilités s’offrent à lui : Le Meilleur des mondes illustré,
Le Figaro rigolo ou Sarkoland-Posten."
Vous pouvez signer la pétition de soutien de l'ami Siné, ici!